Association Internationale des Libraires Francophones

Rentrée littéraire jeunesse de Page des Libraires 3/3 - Etat des lieu de la littérature jeunesse

L’équipe de l’AILF était présente à la journée dédiée à la littérature jeunesse, organisée par Page des libraires le 18 juin 2018 à la Bibliothèque François Mitterrand à Paris. Cette rencontre autour de la littérature jeunesse avait pour objectif de présenter la rentrée littéraire jeunesse aux libraires du réseau. Vous trouverez ici le compte-rendu des différentes tables rondes et rencontres avec les auteurs, illustrateurs et éditeurs.

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Source : Bibliothèque, enfance et jeunesse, sous la direction de Françoise Legendre
Éditions du Cercle de la Librairie, collection « Bibliothèques », 2015

Quelques chiffres :
-    5000 titres en 1993
-    14000 titres publiés en 2016

La production est abondante. On observe une mutation des lecteurs : le lectorat a évolué, de la petite enfance au Young Adult.
La littérature jeunesse devient une industrie culturelle. Se développe une véritable recherche du Best seller. En 2016, les meilleures ventes sont Harry Potter, Princesse 2.0, Eux c’est nous, la 5ème Vague.

En 2016, 90 millions d’exemplaires sont vendus, ce qui représente 13,7% du chiffre d’affaire total de l’édition. La littérature jeunesse est le 2ème segment du marché du livre après la littérature générale et avant la BD.

On observe également un phénomène de concentration des éditeurs qui pose la question du maintien de la diversité de la littérature jeunesse. Les groupes Hachette, Madrigall, Editis et Bayard se partagent plus de la moitié du chiffre d’affaire de la jeunesse. Pourtant, il y a en France un fourmillement de la littérature jeunesse et des petits éditeurs.

Répartition du CA de l’édition jeunesse :
-    Romans 35 % (grands formats et les séries anglo-saxonnes)
-    Albums 21 %
-    Eveil 11 %
-    Documentaires 20 %
-    Coloriages 10 %
-    Livres audio 3 %

On peut également relever une explosion de la fiction pour les 8-12 ans, ainsi que le développement fulgurant du phénomène Young Adult (demande très importante, parfois au détriment de la diversité). Le lecteur autonome tend à disparaitre et est remplacé par un lecteur très influencé par le marketing : ce phénomène est souvent critiqué par les libraires et bibliothécaires.

Il existe une étude sociologique très intéressante de Sylvie Octobre menée avec Vincenzo Cicchelli sur les cultures juvéniles à l’ère de la globalisation.

L’étude est faite sur des jeunes de 18 à 29 ans :
-    Cosmopolitisme involontaire : 34 %
-    Cosmopolitisme sectoriel : 32 % (engagement significatif dans un domaine culturel)
-    Cosmopolitisme principiel 17 % (engagement significatif et ouverture générale à une diversité culturelle de domaines)
-    11 % des jeunes ont une préférence culturelle nationale
-    Impossible cosmopolitisme : 6% (mise en retrait de tout ce qui est international)

Les effets de la mondialisation sur l’industrie du livre jeunesse :
-    En 2014, 256 000 exemplaires sont vendus pour la marque Violetta chez Disney Hachette
-    50 000 albums « La Reine des neiges » sont vendus

Il est également important de relever la question des adaptations. Il existe un lien étroit entre la littérature, le cinéma et la télévision. Avant, les délais d’adaptation étaient plus longs.

Le rapport à l’écriture évolue, on observe une transformation de l’auteur et du lecteur. De nouveaux lecteurs et auteurs apparaissent (phénomène « Whatpan ». L’autoédition sur internet permet la création d’un vivier d’auteurs pour les éditeurs.

La question du statut de l’auteur est très prégnante dans les débats d’aujourd’hui et de nombreux questionnements sur le droit d’auteur font rage au sein des professionnels de la littérature jeunesse. La question de la reconnaissance du métier de correcteur et de traducteur et notamment la question de l’augmentation des prestations de ces professionnels du livre est également au cœur des débats.

La littérature jeunesse est également étroitement liée à des questions d’engagement avec des associations. Des associations d’auteurs et d’illustrateurs se sont placées vis a vis de décisions politiques prises sur les questions d’accueil.

Bruno Munari s’intéresse à la création numérique et à la question du designer et l’artiste.  Comment l’auteur et l’illustrateur doivent ils s‘adapter au numérique ? L’un des enjeux du numérique est de trouver un modèle économique qui perdure.

 

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