Association Internationale des Libraires Francophones

CMPL

Être libraire francophone à Madagascar, témoignage du vice président de l’association des libraires malgaches

Le français est aujourd’hui la deuxième langue officielle dans cette ancienne colonie. Il est largement parlé dans les grandes villes et c’est la principale langue des affaires. Les médias sont souvent bilingues, comme par exemple les journaux officiels. Depuis peu, nous assistons à l’émergence de quelques livres, magazines et journaux souvent exclusivement francophones.

L’éducation est également dispensée en français, dans toutes les matières sauf bien sûr le malgache. Or, la jeunesse représente 70 % de la population (53 % de la population ont moins de 19 ans et 82 % moins de 40) et elle a soif de connaissances et d’évasion. Terrain donc propice à l’épanouissement du livre francophone ? Cela s’est vu par le passé, mais hélas, le pays compte parmi les plus pauvres de la planète et le livre est considéré comme un produit de luxe ne figurant pas parmi les priorités d’achat. Ce contexte rehausse encore l’importance des acteurs du livre, les survivants. Pour rester rentables, les libraires doivent faire preuve d’imagination, de réalisme et de professionnalisme pour révéler ou réveiller l’utilité des livres. En amont, comme la possibilité de retours des invendus des ouvrages à l’office n’existe pas, le libraire doit par exemple faire attention aux sélections de ses commandes pour éviter les immobilisations et pour préserver la confiance des fournisseurs. En aval, le libraire doit multiplier les actions marketing auprès de son public cible, préalablement et clairement identifié. Plus généralement, le libraire doit faire preuve de rigueur dans la gestion de son entreprise (comptabilité, ressources humaines…)

Ainsi, la librairie CMPL oriente ces actions autour de plusieurs thèmes comme les expositions (plus de 20 par an), les promotions (remises et fidélisation), la communication qui englobe le marketing direct, le merchandising, la publicité, etc. Elle développe également sa diffusion en ouvrant des relais (sur les campus ou dans les grandes écoles) et en étant dépositaire de plusieurs autres librairies.

Pour améliorer le professionnalisme, des formations (externes – grâce à l’AILF, par exemple – ou internes) sont dispensées au personnel. La cherté du livre implique de fait que les clients se montrent très exigeants sur la qualité des ouvrages (choix pertinents) et des services (présentation, disponibilité, respect des engagements). Il est heureux de constater que quelques entreprises se développent ou se lancent dans l’édition locale, francophone ou malgachophone. Les livres français, principaux vecteurs de la connaissance à Madagascar, restent nécessaires mais il est opportun (pour la simple question du prix) d’équilibrer les approvisionnements afin de limiter l’asservissement du savoir à la cherté du livre importé. Les libraires de Madagascar sont réunis au sein d’une association, l’ALM. Ces regroupements sont nécessaires pour défendre les causes communes (formalités d’importations, salons…). Certaines, comme le CMPL, adhèrent également à l’AILF. Enfin, comme partout, le métier de libraire à Madagascar reste plus un métier de passionnés que d’affairistes. Une exposition en province relève de l’aventure et pour ce qui est d’en dégager une rentabilité… un véritable casse-tête. Mais ici aussi, les joies apportées par notre métier se vivent plus qu’elles ne s’expliquent…

Par Fabien CORBOU,

ancien dirigeant de la Librairie CMPL, MADAGASCAR

© La Lettre du BIEF

 

 

Informations supplémentaires

  • Nom de la librairie: CMPL
  • Responsable: Huguette Rasoamananoro
  • Adresse: 9, Rue Docteur Villette, Isoraka,
  • Ville: Antananarivo 101
  • Code postal: BP 3312
  • Pays: Madagascar
  • Téléphone: +261 20 22 244 62
  • Téléphone: +261 34 84 504 70
  • Site internet: www.librairie-cmpl.com
  • Courriel: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
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