Association Internationale des Libraires Francophones

Ce jeudi 22 septembre à 11h (heure de Paris), à l’occasion de la journée mondiale de la bibliodiversité, l'AILF a lancé le recueil "Voyage en francophonie - Paroles d'écrivains sur les librairies francophones" (feuilleter le recueil en ligne)

Télécharger le recueil


Ce recueil présente une vingtaine de portraits d'auteurs et autrices francophones, réalisés grâce à des entretiens avec des journalistes du monde entier. Les textes reviennent sur la place
qu'occupe la librairie dans la construction du parcours d'écrivain et le lien qu'ils entretiennent avec la librairie comme espace de promotion et diffusion de leurs écrits :  Miguel Bonnefoy,
Edo Brenes, Eunjung Chai, Kamel Daoud, Négar Djavadi, Timothée de Fombelle,  Amarnath Hosany, Karim Kattan, Jimmy Liao, Beata Umubyeyi Mairesse,  Émilienne Malfatto, Yamen Mana,  Blaise Ndala, Wilfried N’Sondé, Marcello Quintanilha, Leïla Slimani, Morgan Sportès, Isabelle Wéry et Lamia Ziadé.


La présentation s''est faire en introduction du  webinaire co-organisé avec l'Alliance internationale des éditeurs indépendants dans le cadre de la première édition de Babelica en ligne – salon du livre international des maisons d’édition indépendantes qu'elle organise, où libraires et éditeurs francophones d'Afrique ont présenté pour certains leur projet de librairie, pour d'autres leur catalogue (nouveautés éditoriales et livres du fonds).

 

Citation Djali Amadou AmalVoyage en francophonieNgar Djavadi

L'AILF fête ses 20 ans !

L'Association Internationale des Libraires Francophones fête ses 20 ans au sortir de deux années  marquées par la pandémie qui ont révélé la fragile situation des librairies, tout  particulièrement hors de France.

Pour célébrer 20 années d’engagement aux côtés des libraires francophones du monde,  de nombreux événements vont ponctuer l'année.

Programme de la semaine du 25 avril 2022

Lundi 25 avril
Centre National du Livre : 53 rue de Verneuil 75007 - Paris


Célébration des 20 ans de l’AILF


-  20 ans en 20 dates, des libraires fondateurs de l’AILF témoignent
 - Présentation de la carte interactive de portraits vidéo de libraires du monde permettant de pousser les portes de librairies francophones aux quatre coins de la planète
- Présentation de la prochaine publication de témoignages d’auteurs autour de  souvenirs de librairies
- Les catalogues de coups de cœur de libraires : le tour du monde est réalisé avec le lancement des prochains catalogues sur les continents d’Asie et Océanie et d’Amériques et Caraïbes;  des libraires présentent leur coup de cœur
18h00 – 19h30 : Cocktail

Mardi 26 avril  
Librairie Cariño : 21 rue du Chalet, 75010 (bus Belleville -lignes 20 ou 71 et métro Belleville -lignes 11 ou 2)


19h
Lancement du catalogue de couprs de coeur de libraires des Amériques et Caraïbes
Mise en lumière de quelques pépites et auteurs
19h05 - 19h10 : Je suis l'hiver de Ricardo Romero aux Editions Asphalte par Monica Freyre et Melisa Chali-Guerrien, libraires en Argentine et en France
19h10 - 19h15 : Guadalupe Nettel, Fernanda Melchor et Daniel Saldaña, auteurs mexicains par Julieta Salgado, libraire au Mexique
19h15 -19h20 : Partiellement nuageux d'Antoine Choplin aux Editions la Fosse aux ours par Maryline Noël, libraire au Chili
19h20 -19h25 : Les lumières de Niterói de Marcello Quintanilha, aux Editions Çà et Là, par Breno Aouila, libraire au Brésil et au Portugal
19h25 -19h30 : La marée de Noirmoutier de Luis Chaves, aux éditions du Château des Ducs de Bretagne présenté par Ramon Mena
Des auteurs et éditeurs évoquent l'importance des libraires dans la promotion de leurs titres et de leur catalogue
19h25 -19h35 : Désirée et Alain Frappier, auteurs de Là où se termine la terre aux Editions Steinkis
19h35 -19h40 : David Meulemans, responsable de la maison d'édition Les Forges du Vulcain
19h40 -19h45 : Claire Duvivier, autrice en présence de Désirée et Alain Frappier, David Meulemans de la maison d’édition Les Forges du Vulcain, Claire Duvivier, autrice et éditrice Asphalte (programme en cours de finalisation)

Mercredi 27 avril
Fondation Léopold Charles Mayer  
Alliance Internationale des Editeurs Indépendants, 38 rue St Sabin, 75011 (bus Saint Claude - lignes 91 ou 96 et métro Chemin Vert - ligne 8)


14h00 -15h30
Lancement des chartes des libraires et institutionnels francophones au siège de l’AIEI - sur inscription :  https://bit.ly/3venI1z


14h -15h30 : Lancement de la charte de bonnes pratiques des libraires et institutionnels francophones au siège de l’AIEI
Origine du projet, rappel des objectifs des rencontres 
Présentation des deux Chartes issues des rencontres
- Intérêt de la  Charte interprofessionnelle entre éditeurs et libraires, 
Par Brahima Soro et Sulaiman Adebowale
- Vers une Charte de bonnes pratiques entre acteurs du livre et institutions éducatives ou culturelles
Par Isabelle Lemarchand, Binta Tini,  Prudentienne Houngnibo et Serge Kouam
- Quelles convergences entre la Charte et les  recommandations issues du travail des collectifs de professionnels et les Etats généraux du livre en langue française dans le monde (Tunis, 23-25 septembre 2021) ainsi que la déclaration signée par 10  ministres de la culture ?
Par l’AIEI, Afrilivres et l’AILF

18h30
Librairie Le Phenix : 72 boulevard de Sébastopol, 75003 (bus Sébastopol-Etienne Marcel - lignes 29, 38, 47) et métro Réaumur Sébastopol - lignes 3 et 4)


Lancement du catalogue de coups de cœur des libraires d’Asie et Océanie  sur le thème Découvrir la création éditoriale asiatique pour développer les traductions vers le français


Quel regard en tant qu’auteur, dessinateur, libraire d’Asie ou connaissant l’Asie sur la production asiatique traduite ?


18h30 - 18h40 : Bruno Philip, auteur et  journaliste
18h40 -18h50 : Séra, dessinateur et scénariste de bande dessinée
18h50 - 19h : Olivier Jeandel et Michel Choueiri, libraires respectivement au Cambodge - Thaïlande et aux Emirats arabes unis
19h -19h10 : Visionnage du film présentant la librairie Nam Phong (Vietnam)
Les passeurs et médiateurs pour encourager une meilleure connaissance de l’édition asiatique
19h10 - 19h20 : Jérôme Bouchaud, auteur, traducteur, éditeur - Editions Jentayu - Nouvelles voix d'Asie
19h20 -19h30 : Inès Breton, représentante export de maisons d’édition sur la zone Asie
19h30 -19h50 : Echanges avec la salle

Tour au long de l'année

Calendrier 2022 des temps forts 20 ans de lAILF pages to jpg 0001

 

 

 

Premier webinaire Bulles du monde- panorama de la BD francophone !

Le jeudi 14 avril 2022 de 13h à 16h15 (heure de Moulinsart*** - UTC + 2)  *** Château bien connu des lecteurs  de Tintin

 

Depuis plus de vingt ans, je cherche à montrer comment la bande dessinée est un reflet des sociétés humaines. Français, Américains, Belges, Chinois, Israéliens, Coréens, Algériens, Japonais, Turcs, Arméniens, Finlandais, … nous utilisons tous des successions d’images pour nous raconter et nous divertir. Ainsi, le vaste monde peut paraître plus proche en le découvrant par les chemins de l’art séquentiel… Laurent Mélikian, intervenant dans le webinaire du 14 avril

En cette année 2022 où elle fête son 20 ème anniversaire, l'AILF propose aux libraires du monde un panorama de la BD  francophone - écrite /traduit en français

Ce webinaire se propose d'élargir l’approche de la BD francophone en l’ouvrant sur le monde, en faisant émerger à la fois des spécificités et des tendances communes – thématiques, stylistiques.. –  et en faisant découvrir des auteurs, illustrateurs et éditeurs.

Ce webinaire est le premier volet d’une formation sur le développement de son assortiment BD : les trois volets pratiques se dérouleront en ligne du 20 au 22 juillet 2022 et seront animés par Anaïs Massola et Breno Aouila, libraires formateurs spécialistes de BD

Libraires du monde !

  • Vous songez à développer votre rayon BD, mangas et roman graphique et vous avez besoin de pistes, de ressources et de méthodologie ?
  • Vous voulez mieux connaître les grandes tendances de la BD actuelle qui se publie en langue française ?
  • Vous souhaitez découvrir des auteurs, illustrateurs et éditeurs du monde entier,

1- Inscrivez vous au webinaire en suivant ce lien

2- Préparez votre demande de subvention auprès du Centre national du livre avant le 5 mai pour vous aider à financer votre formation :

  • Consultez en ligne sur le site du CNL :
    Les critères d'éligibilité pour savoir si vous remplissez les conditions requises
    Les informations et documents à fournir pour constituer votre dossier
    Le calendrier des commissions et les dates à respecter pour déposer votre dossier

Consultez la fiche pratique de l'AILF : Déposer un dossier de demande d'aide à la formation sur le portail dédié du CNL

Pour ce webinaire, l'AILF a fait appel à une palette d'intervenant.e.s spécialistes d'une aire culturelle ou d'une approche liée à leur métier :

Jean Philippe Martin

 

 

Jean-Philippe Martin animera et modérera ce webinaire. Il est Conseiller scientifique à la Cité internationale de la Bande dessinée et de l’image d’Angoulême (France)

 

 

 

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 #BD Afrique(s)

Koffivi Assem est écrivain et scénariste. Il a été directeur de publication et l’animateur principal du magazine de bande dessinée AGO Fiction et a collaboré avec plusieurs magazines pour enfants au sein de l’association togolaise des auteurs et illustrateurs de livres pour enfants. Animateur d’atelier d’écriture et de création de BD, il intervient en tant que formateur dans plusieurs écoles et auprès d’organismes internationaux dans le cadre de divers projets au Togo et Bénin. Il a été lauréat du prix de l’Association France-Togo en 2005 et de plusieurs bourses du Centre National du Livre de Paris.

                                                

                                                                                                                                                                                                               


Patirck

 

 #BD Asie

Patrick de Jacquelot est journaliste. Après sept années passées à New Delhi comme correspondant, essentiellement pour Les Echos, il collabore désormais au site d'information et d'analyse sur l'Asie Asialyst.com. Il y tient notamment une chronique « L'Asie dessinée » où il passe en revue les bandes dessinées traitant de ce continent.

 

 

 

Autoportrait Elyons

 

 # BD Afrique(s)

Joëlle Epée Mandengue, Elyon’s.
Née en 1982 à Bafoussam, Cameroun.
Dotée d’une licence en lettres modernes anglaises et françaises et d’un graduat en arts graphiques, visuels et de l’espace, Joëlle Epée Mandengue -qui signe Elyon’s- débute sa carrière professionnelle, comme chargée de missions culturelles au Centre Culturel Français de Douala, Cameroun (Actuel Institut Français), puis exerce le métier de graphiste et enfin de concepteur-rédacteur au sein du groupe MW- DDB°.
Sous son pseudo Elyon’s, elle est l’ autrice de la série en bande dessinée « La vie d’ Ebène Duta » - Déjà 3 tomes parus - , Stand Uppeuse diffusée sur Canal + dans l’Africa Stand Up Festival ou le Valery Ndongo Comedy Club. Elle publie dans magazines, collectifs BDs de plusieurs pays (Canada, France, Brésil, Burkina Faso, Liban, Cameroun, Allemagne, chez « Spirou » en Belgique…) assure aussi des commandes pour particuliers, institutions, festivals ainsi que des ateliers BD à travers le monde.
Sous son nom Joëlle Epée Mandengue, elle effectue le co-commissariat de différentes expositions temporaires de bandes dessinées sur le continent africain, dont l’exposition virtuelle sud-africaine, Afropolitan Comics - https://www.afropolitancomics.com/fr - et la plus grande exposition de “Bandes Dessinées d’Afrique.s” prévue dans le cadre de la saison des cultures africaines et année de la BD 2020, à Angoulême, France. Elle est aussi la créatrice et directrice du Festival International de la bande dessinée du Congo : Bilili BD Festival.

 

Simona

 #BD Monde arabe

Simona Gabrieli est une linguiste et une islamologue passionnée par les interactions entre imaginaires méditerranéens. Basée à Marseille, elle a longtemps travaillé dans la réalisation de projets pédagogiques interculturels. Elle est fondatrice de l'association Alifbata qui se spécialise depuis 2015 dans l'édition et la traduction de bandes dessinées des pays arabes. Elle a, à ce titre, publié le premier roman graphique traduit de l'arabe en français : Laban et confiture de l'autrice libanaise Lena Merhej. En 2018, elle a coédité avec l'Université américaine de Beyrouth et Tosh Fesh le catalogue de l'exposition Nouvelle génération, la bande dessinée arabe aujourd'hui, qui accompagne l'exposition homonyme à la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image d'Angoulême. En 2020 elle a dirigé la publication de l'adaptation en bande dessinée du roman de Mohamed Choukri, Le Pain nu, réalisée par Abdelaziz Mouride.

 

Margot NB 2 # Le traducteur/la traductrice de BD, cet inconnu.e ! #Animer des rencontres BD avec des traducteurs

Margot Nguyen Béraud est traductrice de l'espagnol pour l'édition. Elle a traduit en français les œuvres de fiction d'une vingtaine d'auteurs sudaméricains et espagnols. Convaincue de la traduction littéraire comme discipline créative et liante, elle est engagée depuis longtemps aux côtés de l'association ATLAS - Associaiton pour la promotion de la traduction littéraire -  dont elle est aujourd'hui la présidente.

Partageant volontiers sa pratique, elle a été tutrice à la Fabrique des traducteurs d'Arles, à l'atelier professionnel ViceVersa de Madrid et actuellement au CTL de Lausanne pour des étudiants en traduction ; elle anime et organise des ateliers de traduction tout public en médiathèque et en milieu scolaire et associatif, ainsi que des formations dédiées aux traductrices et traducteurs littéraires.

 

LMelikian Assassin

 # BD du monde 

Laurent Mélikian est critique de bandes dessinées. Il publie ses premiers articles dans l'Evénement du Jeudi en 1994. Il a depuis collaboré à l'Echo des Savanes, ActuaBD.com, Le Monde des Ados, Radio J, les Nouvelles d'Arménie,... S'intéressant plus particulièrement aux différentes formes du 9ème art à travers le monde, il est intervenu en tant que conférencier ou commissaire d'expositions en Chine, Arménie, Algérie, USA, Taiwan, Corée,... Il est par ailleurs Directeur de la collection "Des Cases, des langues, des mondes" aux éditions Patayo"

 

 

Miyako

# Traduire le manga

Miyako Slocombe De père français et de mère japonaise, Miyako Slocombe est née et vit à Paris. Diplômée de l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales) en littérature moderne japonaise, elle travaille actuellement comme traductrice-interprète japonais-français, principalement dans les domaines du manga, de la littérature et du surtitrage de théâtre. Elle a traduit près de 200 mangas, notamment pour les éditions du Lézard Noir, Kana (Dargaud), Akata et Casterman. En littérature, elle a traduit des romans pour les éditions Wombat, Belfond et Albin Michel. Elle a réalisé les surtitres d’une quinzaine de pièces présentées en France, notamment pour la Maison de la culture du Japon à Paris, le Théâtre de la Ville ou encore le Théâtre de Gennevilliers.
Elle a fait partie de la promotion 2015-2016 de l’École de Traduction Littéraire. En 2017, elle a reçu le Prix d’encouragement Konishi de la traduction littéraire pour Le Démon de l’île solitaire d’Edogawa Ranpo (2015, éditions Wombat) et le Prix Konishi pour la traduction de manga en 2020 avec Tokyo Tarareba Girls d’Akiko Higashimura (2020, éditions du Lézard Noir).

 

 

Le Syndicat national de l’édition (SNE) et l’Association internationale des librairies francophone (AILF) signent une charte pour améliorer la diffusion des livres français dans le monde - 16 décembre 2021

Roselyne Bachelot-Narquin, Ministre de la Culture (France) se félicite de la signature de la charte sur les usages commerciaux et logistiques pour consolider l'avenir des librairies françaises à l'étranger -17 décembre 2021

Cette charte agit en faveur de la reconnaissance par les diffuseurs et distributeurs français du rôle majeur des Librairies francophones à l’étranger, de leur spécificité et des contraintes logistiques qui pèsent sur leur activité.

Pour l'AILF, la signature de cette charte complète le travail mené depuis plusieurs années pour favoriser de meilleures relations au sein de la chaîne du livre francophone locale et notamment entre libraires et éditeurs francophones, telle que la charte interprofessionnelle entre éditeurs et libraires en Afrique Subsaharienne portée conjointement avec l’Alliance Internationale des Editeurs indépendants et Afrilivres, laquelle charte mériterait d’être étendue à d’autres zones géographiques et fera l’objet d’un communiqué de presse courant janvier 2022.

Isabelle Lemarchand, Présidente de l'AILF et Anne Lise Schmitt, Déléguée générale

Téléchargez la Charte entre les diffuseurs-distributeurs des éditeurs français et les librairies francophones à l'étranger sur les usages commerciaux et logistiques

 AILF All Color 128logo SNE

" Convaincus de l’importance d’améliorer la diffusion des livres français dans le monde et de conforter le rôle des librairies françaises à l’étranger (LFE), le Syndicat national de l’édition (SNE) et l’Association internationale des librairies francophone (AILF), aux côtés des principaux diffuseurs-distributeurs, signent ce jour au ministère de la Culture une charte sur les usages commerciaux et les délais de préparation de commandes entre diffuseurs et distributeurs des éditeurs français et les représentants des librairies françaises à l’étranger.

Pilotée par le Bureau international de l’Edition française (BIEF), avec le concours des institutions et organismes concernés - Centre national du livre (CNL) et Centrale de l’édition, cette charte reconnaît la spécificité des librairies françaises à l’étranger et les contraintes particulières inhérentes à leur activité, et accorde une attention renouvelée aux relations qui les lient aux diffuseurs et distributeurs français à l’export.

Elle liste notamment des critères qualitatifs dont chaque diffuseur-distributeur pourra s’inspirer pour proposer aux librairies concernées, dans un délai de six mois, son propre cadre permettant une meilleure prise en compte de leurs particularités.

Un comité de suivi, placé sous l’égide du ministère de la Culture et composé notamment des signataires de la charte et de l’ensemble des organismes associés à son élaboration, se réunira à l’échéance de cette période afin d’évaluer les résultats concrets obtenus.

Au-delà de l’attention portée à ces librairies françaises à l’étranger et de la reconnaissance de leur rôle comme point d’accès essentiel au livre français à l’international, cette charte répond, de manière concrète, à l’ambition politique portée par l’ensemble de ses concepteurs et signataires, au développement de l’accès du plus grand nombre au livre en langue française et à l’amélioration de la circulation des livres et des idées dans le monde."

A propos du Syndicat national de l'édition
Le Syndicat national de l'édition (SNE) est l'organe professionnel représentatif des éditeurs. Avec plus de 720 éditeurs adhérents, le syndicat défend l'idée que l'action collective permet de construire l'avenir de l'édition. Le SNE défend le droit d'auteur, la liberté de publication, le principe de prix unique du livre, la diversité culturelle ; il contribue à la promotion du livre et de la lecture. Il est présidé par Vincent Montagne et dirigé par Pierre Dutilleul.
Contact : Véronique Stéphan - 01 44 41 40 88 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

A propos de l’Association internationale des librairies francophones
Créée en 2002, l’Association Internationale des Libraires Francophones (AILF) regroupe une centaine de libraires francophones répartis sur les cinq continents dans une soixantaine de pays. Depuis sa création, l’AILF propose aux libraires des sessions de professionnalisation en France et à l’étranger (formations, séminaires, accompagnements individualisés, états des lieux, des rencontres interprofessionnelles ouvertes à d’autres acteurs de la chaîne du livre dans différentes régions du monde). La promotion des littératures francophones est son second axe majeur à travers la caravane du livre et de la lecture et des sélections thématiques et géographiques d’ouvrages réalisées par des libraires de son réseau : Monde arabe, Océan indien, Europe, Afrique, Asie et Amériques. L’AILF réalise des enquêtes qui lui permettent de représenter les libraires francophones auprès des instances publiques et privées afin de défendre le réseau des librairies francophones. Enfin, via son site et les réseaux sociaux (Facebook, Youtube), l’AILF fait connaître l’actualité de la chaîne du livre et donne à voir le dynamisme de la librairie francophone de par le monde.
Contact : Anne Lise Schmitt – 01 40 51 11 45 – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Lisez l'interview d'Isabelle Lemarchand et le rappel du contexte dans lequel vient d'être signée la Charte entre les Editeurs-Diffuseurs et les librairies francophones à l'étranger su les usages commerciaux et logistiques (Lettre d'information du BIEF de décebre 2021)

 

Téléchargez le  communiqué de presse conjoint du SNE et de l'AILF                                    Téléchargez le communiqué de presse du Ministère de la Culture

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AgnsAgnès, ton mandat de Secrétaire générale de l'AILF s’est récemment achevé , tu tournes donc une page importante pour toi et l’association :quels sentiments et réflexions t’animent ?

C’est certes une étape dans une évolution mais absolument pas une page tournée dans mon cœur. Car je resterai à tout jamais une libraire francophone au fond de moi. J’ai commencé en étant libraire itinérante à une époque où ce n’était pas à la mode, dans un pays qui n’était pas francophone. Cela signifie qu’en mon for intérieur, il y avait des convictions puissantes qui motivaient mon action. Il en a toujours été de même pour mon rôle dans l’AILF. J’ai participé à sa réflexion, à sa création, à son développement, à ses orientations, et tout cela je l’ai mené avec mon cœur. C’est probablement aussi pour cela que je m’y suis tant investie, certains libraires le savent. D’ailleurs, je reste persuadée que cela se voit. Lorsqu’on est « habité » par une mission, il y a une énergie forte qui se transmet, une passion qui s’exprime, chacun à sa manière. Cela ne s’arrête pas du jour au lendemain car on quitte un conseil d’administration.

J’ai le sentiment personnel d’avoir fait du bon travail, d’avoir apporté ma pierre à l’édifice et d’avoir donné aux autres autant que je pouvais. J’ai été authentique, j’ai souvent pris très clairement position car cela faisait partie de mon engagement avec un besoin essentiel de cohérence.

C’est très enthousiasmant de voir ce que l’AILF est devenue car c’est la force de nos réflexions collectives et de notre travail à tous.


Si on remonte à l’origine de l’association, tu avais dès 2000 participé à l’opération des 100 libraires du monde, qui avait donné pour la première fois un coup de projecteur sur les libraires francophones dans le monde, quels souvenirs cet évènement fondateur t’évoque t-il ?

Les 100 libraires du monde (et nous étions largement plus de 100) ont, à mon sens, été le moment fondateur durant lequel l’idée de l’AILF a commencé à émerger. Car nous nous sommes retrouvés, exerçant le même métier aux quatre coins du monde, partageant des contraintes qui rythmaient notre quotidien (instabilité politique, censure, fluctuation du taux de change, chereté du livre français, insécurité, absence de politique publique en faveur de la lecture, …). Tout cela nous le connaissions par cœur. Nous le vivions. Nous le racontions avec nos mots, avec nos réalités, avec nos anecdotes. Or être plus de 100 libraires du monde à dire plus ou moins la même chose a eu un effet de caisse de résonnance. Ce n’était plus la librairie X ou la librairie Y qui faisait ce constat, c’était une profession (libraire francophones du monde) dans son entier, qui commençait sans s’en rendre compte, à parler d’une seule et même voix..

Pour moi, c’était aussi un sentiment magique, celui de ne plus me sentir seule en Egypte face à mes problèmes. L’AILF n’existait pas encore mais j’avais pris conscience que d’autres libraires partageaient des situations similaires ou presque à la mienne. Même si cela n’a rien changé dans l’immédiat, personnellement cela a fait naître en moi un sentiment d’appartenance à une grande famille. Il n’y avait rien de concret mais c’était un vécu très émotionnel.

France Edition qui deviendra le BIEF avait réussi, par cette opération, comme un coup de baguette magique qui allait marquer un moment fort pour la suite. J’ai un grand attachement au BIEF, beaucoup le savent. Peut-être vient-il de là ? Je n’en sais rien. Ou peut-être étaient ce aussi les premières personnes qui s’intéressaient aux libraires francophones pour ce qu’ils étaient, ce qu’ils représentaient, ce qu’ils défendaient, ce qu’ils faisaient vivre ailleurs sans essayer de leur dire ce qu’ils doivent faire mais plutôt en leur accordant une écoute pleine d’attention. Cela peut vous faire sourire de lire ces mots mais à l’époque, en l’an 2000, c’était énorme et je suis persuadée que je n’étais pas la seule à le penser.

Parmi les moments les plus importants que tu as vécus au sein de l’association, lesquels t’ont marquée le plus durablement et pourquoi ?

Oh la la ce n’est pas facile comme question car il y en a eu beaucoup. Je ne suis pas quelqu’un de politique qui va avoir une réponse factuelle. Mais je suis quelqu’un d’engagée, qui vit pleinement ce qu’elle fait. Donc ma réponse va être du vécu. Les moments les plus forts pour moi sont ceux où j’ai dû me dépasser pour créer quelque chose d’unique au service des autres. Je m’explique. La première fois que je suis allée à Madagascar, c’était je crois en 2005. Le CA de l’AILF m’avait dit « Agnès veux-tu t’occuper de la zone océan Indien ». Oui pourquoi pas ? Je n’y avais jamais mis les pieds. J’y suis allée pour animer une formation. Certains libraires s’en rappellent. Et je me suis dit « OK c’est ta responsabilité de tout mettre en œuvre pour apporter le plus possible à ces libraires qui te font confiance ». Et pendant près de 15 ans, cela a guidé toutes mes paroles et mes actions. Et je vous assure qu’il n’y a pas eu un seul bureau de l’AILF où je n’ai pas évoqué l’océan Indien, ni une seule année où je n’ai pas présenté un projet. Cette région me tenait très à cœur et je suis tellement heureuse qu’une libraire de la zone, Voahirana Ramalanjaona, ait repris le flambeau avec le même engagement et la même volonté de mettre en place des projets.
Autre expérience marquante, j’ai accompagné une libraire à Djibouti, Arafo Saleh, et là aussi cela a été un moment dense car il s’agissait de travailler sur l’extension de sa librairie qu’elle a ensuite menée à bien. Et nous avons en quelques jours, passer tous les aspects de son activité en revue.
Les Assemblées générales de l’association ont été des temps forts pour moi car les libraires adhérents sont présents et finalement en tant que bénévoles, on travaille toute l’année en ne pensant qu’à eux et à ce que l’AILF va pouvoir leur apporter par rapport à leurs besoins.
Pour moi un moment fort est un moment d’engagement dans l’action au service des autres. Par exemple, lorsqu’Audrey Azoulay, alors ministre de la Culture, est venue rencontrer les libraires égyptiens dans ma librairie, la chose la plus importante pour moi et que j’avais soigneusement préparée, c’était que j’allais pendant 15 mn non stop lui parler de l’AILF et l’interpeler sur la situation des libraires francophones. Et cela a porté ses fruits. J’ai une nature d’entrepreneur et j’ai besoin d’efficacité mesurable pour me sentir utile.
Pendant la révolution égyptienne et ensuite, j’ai eu le sentiment très réconfortant d’être entendue et soutenue par mes pairs. Cela faisait du bien de sentir l’AILF et son réseau un peu partout dans le monde, penser à moi et me le dire.

Finalement, lorsque je repense à toutes ces années au sein de l’AILF, ce sont des visages, des sourires, des phrases qui défilent dans ma mémoire et des personnes qui sont au fil des années devenues des ami(e)s. Ce ne sont pas des évènements mais ce sont des sentiments et des moments d’engagement, d’authenticité, de responsabilité, de cohérence, de partage, de générosité, de découverte, d’écoute, de projection, d’imagination, de conviction qui sont ancrés dans ma mémoire.

Pourrais-tu revenir sur ton parcours professionnel de libraire ?

En 1993, mon mari et moi sommes partis vivre en Egypte car on avait envie de quitter Paris et je connaissais déjà bien ce pays. Je travaillais alors dans l’édition. Un jour, j’ai réalisé qu’il y avait peu de livres jeunesse et qu’ils étaient trop chers. Alors j’ai créé une librairie itinérante jeunesse qui allait d’écoles en centres culturels en faisant découvrir des livres jeunesse, en organisant des animations, en me mettant à la portée des enfants et des parents dans leur environnement et en essayant de susciter le goût de la lecture. Puis j’ai développé en complément des abonnements livres et magazines jeunesse pour ancrer ces habitudes de lecture chez les enfants. J’étais portée par mon enthousiasme et le plaisir de créer quelque chose qui n’existait pas. Cette dernière notion a toujours été le moteur de mes projets. Puis en 2002, j’ai créé une librairie à Alexandrie, dans l’enceinte de l’Institut français : L’Autre Rive. C’était la seule dans cette ville qui avait pourtant été un haut-lieu de francophonie. Pendant 10 ans, cette librairie a eu un rôle essentiel dans la cité et on me dit encore aujourd’hui à quel point elle manque à certains. En 2004, j’ai créé, au Caire, avec mon mari, un concept store atypique, Oum EL Dounia. C’était une librairie dynamique spécialisée sur le monde arabe et une boutique d’artisanat réunies dans un même lieu. Moi je m’occupais de la librairie, de l’animation culturelle, de la communication et mon époux gérait tout l’artisanat. L’idée a de suite séduit les gens sur place et Oum El Dounia est rapidement devenu un lieu culturel très identifié et une référence localement. Mais nous étions en bordure de la place Tahrir et la révolution de 2011 a éclaté sous nos fenêtres. Trois années de violences, manifestations, répression, ont créé une usure et plus personne n’avait envie de venir dans ce quartier qui était le cœur de la ville. Puis une violente dévaluation a continué à affecter notre activité. Des années terriblement difficiles à vivre pour moi, où j’ai essayé de sauver par tous les moyens cette activité que j’avais créée et dans laquelle s’exprimait tant de passion.

Que retires-tu de ta longue expérience associative et interculturelle au service des libraires du monde au sein de l’AILF ?

Avant toute chose, beaucoup de plaisir. C’est très personnel mais l’AILF m’a permis après coup, de réaliser que c’est dans l’engagement au service des autres que je trouve le plus de sens. Beaucoup d’amitié aussi car c’est ce lien fort entre nous qui a aidé à surmonter nos éventuelles divergences et à co-construire ce qu’est devenue cette association. La notion de collectif a été très forte et omniprésente. L’interculturalité a été une richesse qui m’a beaucoup apportée car chacun voit une situation en fonction de son histoire et de son contexte. Elle a aussi été un espace de découvertes enrichissant et de rires partagés dans tant de réunions. Interpeler des regards différents en se questionnant soi-même est une manière d’avancer et d’élargir ses propres horizons. Et ce que je trouve formidable, c’est que nous nous sommes tant apporté les uns aux autres.

J’ai pris conscience que, dans ce collectif, nous fonctionnons tous différemment. Mais que pour que notre engagement s’exprime pleinement, il fallait qu’il y ait une notion de responsabilisation de chacun. Quelle qu’en soit la forme. J’ai réalisé que c’est en mettant chaque administrateur dans l’action par rapport aux objectifs et au rayonnement de l’association qu’on arrivera à mener de plus en plus de projets pertinents et qu’on pourra renforcer la raison d’être de l’AILF. Et ce partout dans le monde, car chaque adhérent porte en lui un peu de l’AILF. Et notre rôle a été d’essayer d’être moteur, d’initier, de lancer, d’accompagner. La Caravane du livre et de la lecture en est une parfaite illustration.

Mais … car il y a un mais ! J’ai aussi pris conscience du décalage entre ce qui se dit dans les discours et la réalité du terrain. J’ai assisté à pas mal de rencontres, de rendez-vous, de conférences et parfois, je n’ai pu m’empêcher à la fin de me dire à moi-même « Oui et concrètement ? Et bien concrètement pas grand-chose ». Peut-être suis-je trop pragmatique. C’est possible. Mais je mettrais deux éléments en exergue que j’aurai vu évoluer au fil de toutes ces années. Il est fondamental que les organismes qui nous soutiennent, qui nous financent, continuent à permettre à tous ces projets d’exister. Il faut qu’ils réalisent qu’il y a une structure administrative et organisationnelle derrière tout cela qui est fondamentale et sans laquelle rien ne pourrait exister. Je voudrais en profiter pour rendre un grand hommage et dire un grand merci à Anne-Lise Schmitt qui coordonne ce réseau de l’AILF et en pilote les projets avec un grand engagement très sincère.
Et il serait temps qu’une cohérence émerge au niveau français, quant au soutien qu’on souhaite apporter aux libraires francophones à l’étranger, une sorte d’harmonisation des politiques et des pratiques entre ministères. Depuis 2002, j’ai vécu, vu et entendu beaucoup de choses. Je dirai même tout et son contraire, dans certains cas. Et c’est là qu’est nécessaire cette cohérence, celle qui donne du sens et permet une lisibilité des politiques publiques. Il est essentiel de revenir à ce qu’est un libraire francophone : un commerçant certes mais aussi un acteur culturel, un passeur d’idées qui participe à la diffusion de cultures, un acteur du commerce extérieur, certes à petite échelle mais d’une dimension hautement symbolique, un partenaire fidèle de l’éducation, un défenseur de la francophonie.

D’après ton expérience au sein de l’association, à quels enjeux sont confrontés les libraires francophones dans le monde, aujourd’hui ?

Il y en a plusieurs à mon sens.

Le premier est que les librairies doivent toujours être en mouvement : créer de la nouveauté, surprendre, communiquer, bouger, aller là où on ne les attend pas forcément, susciter la curiosité, tisser des liens, créer de l’émotion entre leurs clients et eux pour renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté et l’attachement des clients à leur librairie. Ca c’est déjà un très vaste programme qui englobe beaucoup d’aspects dont la capacité du libraire à rayonner comme un acteur culturel dans son environnement.

Le deuxième, qui est étroitement lié au précédent, est la capacité des libraires à s’adapter à un monde qui change très vite, à des lecteurs parfois volatiles, à une offre qui se démultiplie en termes de supports et de canaux de diffusion, à internet qui fait exploser les frontières,et bien sûr à la concurrence des géants de la vente en ligne qui ont des moyens que les libraires n’ont pas.

Le troisième qui découle également du premier est la capacité que déploie chaque libraire à essayer de faire comprendre, reconnaître, partager à quel point son rôle est essentiel, avec à la clé, une prise de conscience de la valeur ajoutée d’une librairie par rapport à d’autres formes de commerce du livre.

Enfin, un enjeu de résistance vital à tous les éléments ce qui le déstabilisent (la liste est longue).

Car le libraire où qu’il soit dans le monde offre une vitrine de l’édition francophone, c’est un passeur de la culture francophone, il anime un lieu où aiment à se retrouver les francophones et donc où l’on parle français, un territoire d’échanges et d’ouverture, un espace de liberté à l’image de la littérature qui continue chaque jour à élargir nos horizons.

Propos recueillis en juin 2021


Membre fondateur de l’AILF, Philippe Goffe en a été le premier président, de 2002 à 2005, fonction qu’il a également occupée de 2016 au mois d'avril 2021. Dans cet entretien, il évoque la force de l'AILF, qu'elle tire à la fois de sa dimension réellement internationale, de la pluralité de ses acteurs et de la force et l'engagement de son Conseil d'administration et son bureau. Il rappelle combien le métier de libraire, fragile mais essentiel, est aussi politique car s'il est le reflet de la société où il s’exerce, il en est aussi un des acteurs. Il rappelle aussi qu'en dépit des efforts, le réseau des libraires francophones ne bénéficie pas d’une juste appréciation par les fournisseurs, des réalités du terrain et des politiques à mener pour permettre à ces librairies du monde de vivre. Pourtant un changement majeur s'est opéré à ses yeux au fil des années : la prise en main de leur destin par les libraires eux-mêmes. L'AILF donne aujourdhui un réel statut aux libraires francophones dans le monde.

P1010716 1Philippe, tu viens de tourner une page importante pour toi et l’association, quels sont les premiers sentiments et réflexions qui te viennent à l’esprit ?


Une grande sérénité. Je craignais d’avoir le blues (ça viendra peut-être), après 20 années d’AILF, dont j’ai été le premier président, puis le vice-président d’Agnès Adjaho et de Michel Choueiri, et enfin en 2016, à la fin du mandat de Sylviane Friederich, à nouveau président pour ce qui devait être une transition qui finalement aura duré cinq ans.  Une grande sérénité aussi en sachant que l’association reste en de si bonnes mains. Tout va bien donc, je me dis que ce qui pouvait être fait, a été fait. Qu’il ne faut pas aller au-delà de ses capacités et de l’usure du temps. Et ceci : quitter, c’est s’alléger.

En tant que membre fondateur de l’AILF, pourrais-tu évoquer quelques grands moments que tu as vécus au sein de l’association ?


Il y a tant de beaux moments. On a bien sûr des étapes importantes à souligner, comme l’initiative de la Caravane du livre et de la lecture en Afrique depuis 2004, et qui reste une des actions emblématiques de l’AILF, hélas aujourd’hui mise en difficulté par la situation géopolitique de la région.Il faut savoir que pendant longtemps la Caravane a été une des principales activités d’importance sur le livre en Afrique subsaharienne. On en est très fiers.

Il y eut aussi le travail de rédaction de la charte du libraire francophone, et son lancement à Beyrouth en 2008.

Il y eut les rencontres interprofessionnelles à l’Assemblée nationale à Paris en 2015. Il y eut celles de Dakar en 2014, d’Abidjan en 2017, de Montreuil en 2019. Et bien d’autres, sur tous les continents.

Ces rencontres et ce qu’elles ont signifié, le décloisonnement de nos pensées, le regard des autres acteurs du livre, y compris dans l’univers non marchand, l’importance soulignée de l’accès pour tous au livre et à la lecture, la découverte et la nécessité du travail collectif avec ces autres acteurs, tous ceux qui finalement, d’une manière ou d’une autre, interviennent dans une filière qui est beaucoup plus riche qu’on ne le pense.

C’est sans doute un des aspects les plus féconds et les plus intéressants du travail réalisé par l’AILF tout au long de ces années, et dans lequel Anne-Lise Schmitt notre déléguée générale a joué un rôle central.


A titre personnel, l’AILF a transformé ma vie. Si je m’y suis impliqué si fort, ce n’est bien sûr pas tout à fait par hasard. L’AILF m’a apporté certains de mes amis les plus chers. J’ai eu la chance de me rendre sur tous les continents et d’y rencontrer les libraires. Ce fut à chaque fois, à ma modeste mesure, et à charge pour moi de la franchir, une porte ouverte sur des ailleurs. L’Afrique d’abord, à laquelle je suis profondément attaché par mon histoire, mais aussi le monde arabe dont j’ai découvert la diversité et la profondeur humaine ; l’Asie, que je n’ai fait qu’effleurer mais qui m’a fasciné ; l’Amérique latine qui m’a appris qu’il existe d’autres paradigmes pour comprendre le monde, et notamment que beaucoup des notions qui nous font penser ce monde méritent une autre perspective. Dans tout cela, la parole de Felwine Sarr, intellectuel sénégalais mais en fait universel, résonne lorsqu’il dit que « ce monde sera différent si nous en modifions la représentation ».

Quels enseignements retires-tu de ton implication en tant que président de l’AILF ?


C’est la dissémination de ses membres sur toute la planète qui fait la particularité de l’AILF, avec l’évidente difficulté à les faire se rencontrer. Et notamment les membres d’un conseil d’administration qui a l’ambition de représenter toutes les régions du monde, mais qui sont éloignés les uns des autres, et n’ont pas la même possibilité d’une maîtrise des rapports avec les institutionnels ou les éditeurs français par exemple. C’est une attention envers chacun qu’il faut respecter, et là aussi c’est à la fois une exigence et une leçon, la juste considération à avoir, en fait apprendre à voir le monde à travers le regard des autres.

Nous faisons tous le même métier, mais dans des conditions souvent très différentes, non seulement économiques, mais aussi politiques, où le livre n’a pas partout le même statut, et trop souvent, puisqu’on vend du livre français, dans une certaine dépendance par rapport au centre que serait Paris. Comment tenir cet équilibre ? Nous avons longuement débattu sur ces questions au fil des années. Mais toute situation évolue en fonction des circonstances, et je retiendrai ici ce que la pandémie nous a appris. Plus de voyages, plus de rencontres, mais une proximité, moins chaleureuse de prime abord, rendue possible par le digital. Et finalement des contacts en visuel bien plus fréquents qu’auparavant, qui ouvrent à d’autres possibilités, et surtout à un abandon des hiérarchies. Pour reprendre un terme utilisé aujourd’hui par les géographes, c’est un réseau de réalités territoriales qui s’entrecroisent à l’AILF, et c’est apparu encore plus clairement durant cette trop longue dernière année. Il faut un moteur dans l’avion, c’est le bureau et le CA, pour le reste ce sont les libraires eux-mêmes qui construisent les projets. C’est le cas pour les plus récents, qui couvrent des territoires comme l’Afrique, l’Océan Indien, l’Europe.
Tout cela se fait avec l’idée toujours présente d’y inclure nos partenaires naturels que sont les auteurs et les éditeurs. En allant même solliciter certains d’entre eux pour en faire des membres associés, dont l’expertise et l’esprit collaboratif nous sont très précieux. C’est une demande qu’avec d’autres j’avais portée depuis longtemps, l’accueil de personnes ressources au sein même de l’association, dont elles deviennent membres parfois sans avoir jamais été libraires. Ce n’est pas rien d’être accompagnés par Thierry Quinqueton, Hélène Wadowski, Pierre Myzskowski, Wielfried N'sondé, Laurence Tutello, La Réunion des livres.  C’est une obsession pour moi, sortir de l’entre soi, décentrer son regard.


Ces prises de parole qui sont les nôtres, parce que le métier de libraire c’est aussi la parole, couplées à de réelles actions sur le terrain, nous ont permis d’être entendus au-delà du strict cercle professionnel. L’AILF donne aujourd’hui un réel statut aux libraires francophones. Son travail consiste beaucoup à maintenir cette parole auprès de ses partenaires institutionnels et autres, comme auprès des éditeurs et diffuseurs.
C’est un travail moins visible, mais bien sûr essentiel. Aujourd’hui, le rayonnement de l’association est une réalité. J’y crois en tout cas.


Finalement c’est comme ça que, pas trop maladroitement j’espère, et certainement avec des erreurs, j’ai voulu exercer mon rôle de président. Le principe d’autorité m’exaspère, et puisqu’on n’est pas en conflit les uns avec les autres, le soft power peut être efficace. Nul n’est jamais exempt de vouloir porter son image, mais sincèrement je pense qu’il faut pouvoir s’oublier soi-même, et penser collectif avant tout.

Comment ta vision de la librairie  francophone a-t-elle évolué tout au long de ces 20 années d’engagement au sein de l’AILF ?


Ma vision de la librairie est la même. Quel que soit son territoire, elle a un rôle à jouer, celui d’être le premier point d’accès des populations au livre, en même temps que les bibliothèques d’ailleurs. Ainsi que le dit un historien français, Michel Winock, la librairie fait partie du centre nerveux d’une ville ou d’un village. Par contre je ne suis pas sûr que la situation des librairies francophones elles mêmes se soit tellement améliorée. En vingt ans, je l’ai dit, la situation géopolitique, et donc économique, de certaines régions s’est dégradée. Et l’année que nous venons de vivre a bien démontré la fragilité d’un réseau qui ne dispose ni des mêmes filets de sécurité, ni de la même sollicitude des pouvoirs publics que les librairies des pays du Nord, à l’exception bien sûr des actions du CNL, dont la présence à nos côtés est devenue essentielle, et de l’accompagnement que nous apporte depuis toujours le BIEF.
Et trop souvent, et c’est sans doute le plus désolant, ce réseau ne bénéficie pas d’une juste appréciation par les fournisseurs des réalités du terrain et des politiques à mener pour permettre à ces librairies de vivre. Pour autant qu’on souhaite réellement qu’elles vivent. Question de vision…
Ce qui a changé en réalité, c’est la prise en main de leur destin par les libraires eux-mêmes. Il suffit de voir le résultat du travail qui a été fait en Afrique ou dans l’Océan indien, celui qui se mène aujourd’hui au niveau des libraires européens, ou les réseaux qui se structurent au Maghreb, aux Amériques. C’est la solidité du socle des libraires qui impressionne.


Faut-il dire l’importance du rôle des équipes dans tout ce qui a été fait, et qui continue à être fait ? Pour ne citer que celles et ceux en exercice : Agnès Debiage et Voharirana Ramalanjaona dans les îles de l’Océan indien, Brahima Soro, Loubna Joheir Fawaz, Prudentienne Houngnibo en Afrique, Michel Choueiri, Samar Hoballah et Agnès Debiage encore pour le monde arabe, Maryline Noël aux Amériques, Isabelle Lemarchand et Anaïs Massola pour l’Europe, et même plus… Et deux nouveaux entrants, Binta Tini pour l’Afrique, et Olivier Jeandel pour la zone Asie. Sans les administrateurs, et sans l’équipe de nos permanentes à Paris, Anne-Lise Schmitt et Caroline Natali que je veux honorer au passage, nous n’en serions pas là.

Quels sont tes projets, notamment au sein de l’AILF, dont tu es membre fondateur et membre associé ?


Aujourd’hui, au niveau de l’AILF c’est d’abord laisser la transition se faire, laisser l’équipe  et sa nouvelle présidente mener la barque à leur façon. Comme cela a toujours été fait. Pour celui qui quitte le devant de la scène, la question est de savoir comment rester proche en s’éloignant, ou l’inverse… Il y a une éthique de l’éloignement, qui consiste entre autres à savoir ce que signifie de rester proche, par souci de l’autre. Et donc s’il faut intervenir, ne le faire que s’il y a quelque-chose à apporter, en fonction de ses compétences, de son expérience, qui finalement trouveront leurs limites.
Les principaux enjeux de l’association pour les années à venir, c’est bien sûr Isabelle et l’équipe qui y répondront. Elle a très bien défini cela dans l’entretien repris sur le site de l’AILF. Nous avons une association qui est réellement internationale, et c’est sa force, elle peut parler au nom de tous. Et nous avons une association qui sait que le métier de libraire, fragile mais essentiel, est aussi politique, il est le reflet de la société où il s’exerce, il en est aussi un des acteurs. Ce réseau de libraires est exceptionnel, il doit vivre, et je n’oublie pas ce qu’a dit un jour de l’AILF un animateur d’une de nos formations de formateurs : une internationale fraternelle.

Propos recueillis en mai 2021

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