Association Internationale des Libraires Francophones

Depuis quelques jours, l’AILF et le BIEF interrogent conjointement les libraires francophones de par le monde pour connaître les conséquences de l’épidémie sur leur activité. Leurs réponses témoignent sans surprise de l’impact commercial de la crise avec pour tous, une baisse de chiffre d’affaires très significative.

Mais c’est bien davantage la désorganisation à laquelle ils et elles sont confrontés qui émane de leurs témoignages. Une désorganisation qui affecte les commandes et les circuits d’approvisionnement, les relations avec leurs clients habituels, particuliers comme institutionnels, les relations fournisseurs… et plus encore le travail au quotidien : horaires d’ouverture aménagés, pour les librairies encore ouvertes (il y en a de moins en moins), inquiétudes du personnel, magasins désertés, questionnements autour de la mise en place de solutions alternatives, pour maintenir le lien avec la clientèle, dont la possibilité de livrer aux particuliers, avec tous les doutes permis sur les risques encourus, par les libraires et par les livreurs de colis. Sans oublier le très important coût financier supporté par les libraires eux-mêmes, qui doivent régler loyer, salaires, intérêts d’emprunts, échéances fournisseurs… Tout doit être négocié.


Comme leurs homologues en France, les libraires francophones tentent de faire face… coûte que coûte. A l’image de la librairie Parenthèses à Hong Kong, qui après avoir été tout au long de l’année 2019 confrontée aux manifestations a été l’une des toutes premières librairies francophones touchées par l’épidémie… tout en restant ouverte, malgré tout.

Pourtant, quels que soient l’inventivité et la ténacité dont font preuve les libraires francophones pour tenter de maintenir leur activité, ou d’amortir l’impact de leur fermeture par temps d’épidémie, tous et toutes témoignent d’une angoisse quant à la possibilité ou non de se remettre de la crise. Ces librairies dont on sait depuis longtemps déjà qu’elles constituent un formidable réseau culturel dédié au livre en langue française et qui n’en sont pas moins devenues ces dernières années extrêmement fragiles, affectées par les situations économiques et politiques dans de nombreux pays. Au Liban, en Haïti, au Chili, en Algérie, et encore en Afrique sahélienne, l’actualité n’a pas ménagé les libraires. A chaque fois, une situation particulière, isolée… mais c’est aujourd’hui un phénomène global, une pandémie, qui affecte l’ensemble du réseau, comme l’illustre cet état des lieux. Avec un impact très fort sur le réseau européen, Italie, Espagne, Portugal, Grande-Bretagne, Hongrie, Grèce, Allemagne etc. Sans oublier la France.

Si le tableau permet de prendre la mesure de la crise et de ses effets sur les libraires francophones, il souligne aussi paradoxalement les liens qui les unissent -dans l’épreuve- et la richesse unique de ce réseau d’acteurs culturels… Et donc l’urgence à lui venir en aide.
Pour tous les libraires, où qu’ils soient, éditeurs, distributeurs mais aussi pouvoirs publics, organismes professionnels et associations se sont très vite mobilisés pour annoncer les premières mesures de soutien ou d’accompagnement des libraires francophones. Des efforts dont nous ne sommes qu’au tout début. L’AILF et le BIEF y jouent leur rôle, essentiel, dans la dimension internationale qui est la leur.

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"Libraire, au Vietnam : Le livre contient quelque chose d’absolu et d’immortel" - 14.11.2019

Blue Horizon 

"Je ne pouvais pas imaginer Jérusalem sans sa librairie française" - 08.10.2019

 Nathalie Hirschsprung

"Librairie : Maryline Noël, de Châteaudun à Santiago" - Clarisse Normand, Livres Hebdo, 19.04.2019

 Maryline Nol

Libraire généraliste à Kensington depuis 2014, Jennifer Fulton ouvre le 2 avril 2019, sur 30m2, la première librairie 100 % francophone de Washington DC.

Jennifer Fulton

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